Cabanel n’a que seize ans lorsque, après de brillantes études à l’école municipale de dessin, il gagne la capitale nanti d’une bourse d’étude octroyée par sa ville natale. Admis en 1840 à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, il entre dans l’atelier de François-Edouard Picot, un ancien élève de David. Les gravures d’Alexis Lemaistre, bien que tardives, permettent d’imaginer la vie du jeune homme, partagé entre une formation extrêmement exigeante et les joyeuses traditions des « rapins ». La camaraderie entre élèves cédait souvent devant la rivalité attisée par des concours réguliers au sein de l’institution. Comme en témoigne un ensemble d’esquisses peintes, les progrès d’Alexandre Cabanel dans le genre le plus noble, la peinture historique, sont constants.
A partir de 1843, Cabanel devient un candidat sérieux au Grand Prix de Rome, qui couronne les années d’études à l’Ecole des Beaux-Arts : son Ulysse reconnu par sa nourrice, lui permet d’accéder au second essai. L’année suivante, admis à l’essai final, il échoue sur le thème de Cincinnatus, en sixième position derrière le lauréat Barrias. En 1845, alors que Léon Bénouville est consacré sur le thème de Jésus dans le prétoire, Cabanel obtient un second grand prix. Aucun lauréat n’ayant été couronné en composition musicale, la bourse vacante est attribuée à Cabanel, qui décroche à 23 ans le passeport tant convoité pour la villa Médicis.





© Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché F. Jaulmes
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