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L'oeuvre en vedette

Pierre Soulages, Peinture 181 x 405 cm, 12 avril 2012

Pierre Soulages, Peinture 181 x 405 cm, 12 avril 2012 ©ADAGP, Paris, 2013. Photo : © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Pierre SOULAGES (Rodez, 1919)

Peinture 181 x 405 cm, 12 avril 2012

Acrylique sur toile

Hist. : don de la Fondation d’Entreprise du musée Fabre, 2013.

Riche de trente et une toiles de Pierre Soulages, réparties sur une cinquantaine d’année, de 1951 à 2005, le musée Fabre vient d’acquérir une oeuvre récente de l’artiste. Polyptyque inédit, Peinture 181 x 405 cm, 12 avril 2012 fut montré au musée des Beaux-Arts de Lyon et à Villa Médicis à Rome, lors de l’exposition Soulages XXIe siècle, parmi vingt-cinq peintures réalisées entre 2000 et 2012, pour la plupart à l’acrylique, qui révèlent les possibilités multiples mais aussi les prolongements de l’outrenoir.

Depuis 1979, Pierre Soulages peint des tableaux entièrement noirs qui échappent à la monochromie par le jeu de lumière reflétée selon les textures structurées en surface par divers outils. Il utilise le noir non plus comme une couleur, mais comme un matériau qui révèle la lumière. L’artiste donnera à ce type de tableaux le nom d’outrenoir. « Outrenoir pour dire : au-delà du noir, une lumière reflétée, transmutée par le noir. Outrenoir : noir qui cessant de l’être devient émetteur de clarté, de lumière secrète. Outrenoir : un champ mental autre que celui du simple noir »1.
Donnée par l’artiste au musée Fabre en 2005, Peinture, 162 x 127 cm, 14 avril 1979, est la première toile où l’huile noire recouvre intégralement la surface, dynamisée par les stries de la brosse et l’aplat lissé à la lame. L’opposition des textures de la matière picturale, du mat et du brillant, marque les premières années de l’outrenoir.
À partir de 2004, Pierre Soulages n’utilise plus la peinture à l’huile mais l’acrylique qui permet des effets de matière dans l’épaisseur livrant de nouvelles possibilités pour la réflexion de la lumière. Peinture 181 x 405 cm, 12 avril 2012, offre une spectaculaire épaisseur qui donne à cette peinture un aspect sculptural imposant et magistral.

Selon un principe qui n’a pas varié depuis plus de soixante ans, les titres que l’artiste donne à ses tableaux réaffirment la matérialité de l’œuvre en indiquant ses dimensions, suivies de la date de création du tableau.
Composé de cinq panneaux, recouverts de profonds sillons obliques creusés dans la pâte épaisse sur toute la hauteur de la surface, le polyptyque Peinture 181 x 405 cm, 12 avril 2012 souligne l’importance décisive du format dans cette nouvelle peinture. Le choix du polyptyque, fréquemment utilisé par l’artiste depuis les années 80, vaut pour les interruptions qu’elle impose. Car ce sont les ruptures, les variations de la lumière que le spectateur est invité à découvrir, à inventer, même, selon son déplacement, et à inscrire dans le temps d’une perception où rien n’est figé.

Les vingt toiles données en 2005 par Pierre et Colette Soulages et le dépôt par l’artiste de neuf autres toiles en 2007, auxquelles s’ajoutent les deux grands polyptyques acquis par le musée Fabre en 1999, constituent à Montpellier un fonds permanent de référence unique en France et dans le monde. L’accrochage des œuvres, conçu avec l’artiste dans un espace qui lui est entièrement dédié (salle 46 et salle 47) permet de saisir le déploiement de son travail depuis les premières années jusqu’aux années les plus récentes.

1) Pierre Soulages, "Les éclats du noir", entretien avec Pierre Encrevé, Soulages, Beaux-Arts Magazine, hors série, 1996.