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Les expositions

Michelangelo Merisi dit Caravage

Michelangelo Merisi dit CARAVAGE, Jeune garçon mordu par un lézard, vers 1594, huile sur toile, Fondazione di Studi di Storia dell’Arte Roberto Longhi, Florence © Fondazione di Studi di Storia dell'Arte Roberto Longhi

Réalisé avec Galleria.

La section introductive expose les chefs-d’oeuvre de Caravage. Grâce à la participation généreuse de grandes institutions, un nombre important d'originaux du maître ont pu être réunis et permettent d'évoquer par étape sa fulgurante carrière. Le Jeune garçon mordu par un lézard (Florence, Fondation Longhi) est typique de ses scènes de genre de jeunesse destinées au commerce d'art, avec son coloris clair, son cadrage rapproché, le rapport entre figure et nature morte et le regard insistant du garçon. Quelques années plus tard, des oeuvres beaucoup plus complexes innovent dans la représentation sacrée par une lumière directionnelle qui confère aux figures une étonnante présence physique. C’est le cas du Saint François en extase (Harford, Wadsworth Atheneum Museum of Art) et du Sacrifice d’Isaac (Florence, Galerie des Offices), toile universellement reconnue comme étant l'une des plus hautes créations du maître lombard. L' Ecce Homo (Gênes, Palazzo Bianco) et le Saint François (Crémone, Pinacoteca Ala Ponzone) datent de la maturité de Caravage. Le clair-obscur est accentué et fait saillir les formes sculpturales. Accusé de meurtre en 1606, l’artiste fuit Rome et s'installe à Naples. La Flagellation du Christ (Rouen, musée des Beaux-Arts), peinte au début de son séjour, offre une synthèse remarquable entre naturalisme et classicisme à travers la force du clair-obscur. L’Amour endormi (Florence, Palazzo Pitti) témoigne de son séjour parmi les chevaliers de Malte à La Valette. Enfin, vers 1609-1610, la Salomé recevant la tête de saint Jean-Baptiste (Londres, National Gallery) et le Reniement de saint Pierre (New York, Metropolitan Museum of Art) illustrent son ultime production par la simplification radicale des procédés picturaux, le clair-obscur dramatique et l'humeur mélancolique.



Regard sur une oeuvre



Premières conversions

Carlo SARACENI, Le Martyre de sainte Cécile, vers 1610, huile sur toile, Los Angeles County Museum of Art, Gift of the Ahmanson Foundation (AC1996.37.1) Photo © 2011 Museum Associates/LACMA

Réalisé avec Galleria.

La force inouïe de la manière de Caravage crée véritablement une onde de choc parmi ses contemporains en entraînant à sa suite un certain nombre d'artistes italiens, d'âges et de formations diverses ; des artistes qui se montrèrent sensibles à certains aspects de son langage naturaliste sans que l'on puisse clairement évoquer une école. Malgré son inimitié légendaire pour Caravage, Baglione expérimente dans le Saint François en extase (Los Angeles County Museum of Art), le style ténébriste dont il ne sut jamais véritablement mesurer la portée. Marqué par sa formation maniériste, Orazio Gentileschi a lui aussi côtoyé directement le maître lombard, lui empruntant ses thèmes ( Saint François soutenu par un ange , Madrid, musée du Prado) et ses procédés picturaux tout en restant fidèle à un luminisme clair, une élégance et des raffinements de textures qui sont un peu sa marque de fabrique. Sa fille, Artemisia Gentileschi, en donnera une interprétation personnelle, plus sensuelle, à l'image de la Danaë (Saint Louis Art Museum). Séjournant en Espagne pendant les années de gloire de Caravage, le romain Borgianni s'approche au plus près de sa manière immédiate et contrastée dans son spectaculaire David et Goliath (Madrid, Academia de San Fernando). Malgré son utilisation d'une lumière ciblée et le rendu naturaliste de certains détails, Saraceni privilégie, pour sa part, une exécution soignée et délicate et des colorations intenses qui trahissent ses origines vénitiennes ( Martyre de Sainte Cécile , Los Angeles County Museum of Art). Enfin, le mystérieux Pensionnaire de Saraceni, si sensible d'ordinaire aux morceaux de nature, livre dans le Reniement de Saint Pierre (Douai, musée de la Chartreuse) l’un des plus formidables tableaux caravagesques, d'un grand raffinement poétique.



Regard sur une oeuvre



Les Français à Rome autour de Manfredi

Valentin de BOULOGNE, Réunion de musique, vers 1626, huile sur toile, Los Angeles County Museum of Art, Gift of the Ahmanson Foundation (AC1998.58.1) Photo © 2011 Museum Associates/LACMA

Réalisé avec Galleria.

La troisième section de l'exposition entend offrir un panorama riche et varié de la création à Rome durant les deuxième et troisième décennies du Seicento. On y retrouve en bonne place Bartolomeo Manfredi qui diffuse avec plus de finesse et de sensibilité la manière de Caravage ( Le Triomphe de David , Paris, musée du Louvre) et qui de ce fait séduit de nombreux étrangers de passage dans la ville Eternelle. Ses scènes de tavernes mêlant soldats, buveurs, musiciens furent vite imitées par les Français Valentin, Tournier ou Régnier; chacun apportant une note particulière selon son tempérament allant de la truculence à la sourde mélancolie. Dans ce creuset unique que constitue la Rome d'alors, bien d'autres modèles que Caravage lui-même s'offrent aux artistes : Saraceni (très francophile comme le rapporte Baglione), Ribera (artiste justement réévalué ces dernières années) et particulièrement Manfredi. Les jeunes peintres continuent de se confronter à son oeuvre avec sérieux et indépendance (Nicolas Régnier ou Simon Vouet) ou de façon plus instinctive et brouillonne (Claude Vignon). Sous la triple influence de la culture classique, de l'art bolonais (Guido Reni) et de la couleur de Venise, le style de tous ces artistes évolue, donnant naissance à un art plus mesuré, plus policé, d’un grand raffinement de palette et de textures ( Judith de Valentin, Toulouse, musée des Augustins).
Le David de Régnier (Dijon, musée des Beaux-Arts) est un bel exemple de ce «caravagisme de séduction» qui introduit logiquement la section suivante consacrée à la «tentation caravagesque». Deux tableaux célèbres de belle qualité mais toujours restés anonymes complètent cette section : Hérodiade portant la tête de saint Jean-Baptiste (Montpellier, musée Fabre) et Le Souper à Emmaüs (Nantes, musée des Beaux-Arts).



Regard sur une oeuvre



La tentation caravagesque

Guido CAGNACCI, David avec la tête de Goliath, vers 1655, huile sur toile, The J. Paul Getty Museum, Los Angeles © The J. Paul Getty Museum, Los Angeles

Réalisé avec Galleria.

Cette section de l'exposition est spécialement dédiée à des peintres qui ne sont pas traditionnellement associés au caravagisme mais qui ont été séduits plus ou moins brièvement par le prestige de la pittura al naturale . Autour du célèbre David vainqueur de Goliath de Guido Reni (Paris, musée du Louvre), exécuté dans un esprit d'émulation avec le maître lombard, sont rassemblées des oeuvres de Cigoli, Guercino, Tornioli et Spada, dont l’extraordinaire Lamentation sur le Christ mort  est récemment entrée dans les collections du musée Fabre. La présence de deux chefs-d'oeuvre de Strozzi et d'Assereto en provenance des musées de Grenoble et de Marseille permet d'évoquer le foyer génois, un des plus brillants à l'époque. Celui-ci est marqué par le caravagisme, non seulement par la présence précoce, en Ligurie, d'originaux ou de copies de Caravage mais aussi par les nombreux échanges entre artistes locaux et étrangers ralliés à l'esthétique caravagesque. L'admirable Saint Sébastien soigné par Irène de Francesco Cairo (Tours, musée des Beaux-Arts) permet de comprendre comment ce milanais profondément imprégné par la tradition de la peinture lombarde se laisse tenter au cours des années 1630 par le naturalisme caravagesque transmis par les nombreux suiveurs italiens et français du maître. Enfin le David de Guido Cagnacci (Los Angeles, J. Paul Getty Museum) montre encore au milieu du siècle la fascination pour les sujets typiquement caravagesques mais entièrement reformulés dans un souci d'élégance et de faste coloré.



Regard sur une oeuvre



De Naples à Séville

Jusepe de RIBERA, Le Goût, vers 1614-1616, huile sur toile, Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford, CT. The Ella Gallup Sumner and Mary Catlin Sumner Collection Fund, 1963.194 © Photo Wadsworth Atheneum Museum of Art, Hartford, CT.

Réalisé avec Galleria.

La cinquième section consacrée à Naples et à l'Espagne aborde la diffusion du naturalisme caravagesque dans ce grand port méridional lui-même sous domination espagnole : l'irruption de Caravage sur la scène napolitaine modifie en profondeur les codes picturaux en vigueur en renouvelant l'iconographie et en mettant l'accent sur la vérité des figures par un clair-obscur dramatique. De nombreux artistes accueillirent avec enthousiasme ce nouveau langage moderne comme Caracciolo ( Noli me tangere , Museo Civico du Prato) ou Vitale ( Saint Pierre délivré de prison de la collection Cacault, Nantes, musée des Beaux-Arts). Le Valencien Ribera, protagoniste incontournable de la scène romaine, va s'établir à Naples en 1616 où son austère naturalisme s'enrichira peu à peu d'apports nouveaux (le colorisme vénitien, l'art bolonais) donnant naissance à une manière plus noblement équilibrée et classique ( Sainte Marie l’Egyptienne , Montpellier, musée Fabre). Le mystérieux Maître de l'Annonce aux bergers (présent par un de ses meilleurs tableaux prêté par le musée Granet d'Aix-en-Provence) forge son style devant l'exemple de Caracciolo et de Ribera et perpétue à Naples un naturalisme rustique associant ange, bergers et moutons (d'où son nom) qui devait séduire les élites de la ville. Des artistes plus jeunes comme Cavallino ou De Bellis montrent une évolution notable vers un caravagisme plus apaisé et sensible. Le calabrais Mattia Preti revisite avec distance dans sa jeunesse des thèmes typiquement caravagesques qui commencent à passer de mode (Le Concert, Madrid, musée Thyssen-Bornemisza). Quant aux deux héros de la peinture espagnole du Siècle d'or, Velásquez et Zurbarán, ils sont évoqués par deux chefs-d'oeuvre de jeunesse : L'Apôtre Saint Thomas (Orléans, musée des Beaux-Arts) ou l'extraordinaire Saint Sérapion (Hartford, Wadsworth Atheneum Museum of Art).



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Le cas singulier de Georges de La Tour

Georges de LA TOUR, Le Nouveau-né, vers 1645, huile sur toile, Musée des Beaux-Arts, Rennes © MBA, Rennes, Dist. RMN / Louis Deschamps

Réalisé avec Galleria.

L'exposition de Montpellier se termine par une section dédiée à Georges de La Tour qui fait pendant à celle consacrée à Caravage en ouverture. Ces deux artistes sont des conquêtes de l'histoire de l'art du XX ème siècle dont les tableaux peu nombreux (une quarantaine pour La Tour, une soixantaine pour Caravage) suscitent un intérêt passionné de la part de la critique internationale. En outre la simplification des procédés picturaux, la dimension profondément humaine et spirituelle de leurs tableaux touchent avec la même intensité la sensibilité contemporaine. Le Lombard comme le Lorrain demeurent des cas tout à fait singuliers dans le contexte de la peinture européenne du XVII ème siècle. Pour expliquer la forte empreinte caravagesque dans l'oeuvre de La Tour plusieurs historiens d'art ont supposé un voyage outre-monts entre 1610 et 1616, date à laquelle il est fait mention de l'artiste dans sa petite cité natale de Vic. Grâce, là encore, à une collaboration exemplaire entre musées français et américains, ont pu être rassemblées à Montpellier quelques-unes des toiles les plus célèbres de l'artiste appartenant à sa période diurne comme : Saint Jacques le mineur (Albi, musée Toulouse Lautrec), le couple de Vieillards (San Francisco, Fine Arts Museum), peu vu en Europe, l’extraordinaire Vielleur (Nantes, musée des Beaux-Arts) spécialement restauré pour l'occasion, ou encore le fameux Tricheur à l’as de carreau (Paris, musée du Louvre) dont la thématique replonge immédiatement les visiteurs dans la poétique caravagesque. Pour illustrer la période nocturne qui commence à émerger dans son œuvre à la fin des années 1630, sont présentés La Madeleine à la flamme fumante (Los Angeles County Museum of Art) et Le Nouveau-né (Rennes, musée des Beaux-Arts) dont la géométrie pure et le caractère intemporel ne cessent de solliciter notre regard moderne.



Regard sur une oeuvre