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Les nouvelles acquisitions

Marie Bracquemond, Pierre peignant des fleurs

Bracquemond, Pierre peignant des fleurs © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Marie Bracquemond (Morlaix, 1841 – Sèvres, 1916)

Pierre peignant des fleurs

1887

Huile sur toile

56 x 46 cm

S.D.b.d.: Marie B 1887

Inv. 2011.11.1

Hist.: Achat de la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec l’aide du FRAM Languedoc-Roussillon en 2011.

Pierre peignant des fleurs est une toile qui appartient à la période impressionniste de Marie Bracquemond. Elle y représente son fils unique Pierre, âgé de 16 ans, qui deviendra à son tour peintre et son principal biographe. Figure oubliée du mouvement, elle compte parmi les quatre femmes peintres qui participèrent aux expositions du groupe impressionniste de 1874 à 1886: Berthe Morisot, Mary Cassat, Eva Gonzalès et Marie Bracquemond.

La carrière artistique de Marie Bracquemond, élève d’Ingres, commence dans les années 1850. Reçue au Salon en 1859, elle est promise à un honnête avenir de portraitiste du Second Empire. Ses toiles, dans la tradition ingresque, révèlent alors l’enseignement du maître : composition classique, présence sous-jacente du dessin, touche lisse, tons assagis, comme en témoigne encore le tendre Portrait de Pierre Bracquemond enfant, âgé de 8 ans, daté de 1878 (musée des Beaux-Arts de Rouen). Mais sa carrière prend un tournant inattendu. En 1869, Marie Quivoron épouse Félix Bracquemond, peintre et graveur très actif au sein du groupe impressionniste. La renommée de Bracquemond repose aussi sur sa découverte des estampes japonaises (notamment celles d’Hosukaï) qui participera au renouvellement esthétique de l’art moderne et des arts décoratifs en France pendant la seconde moitié du XIXe siècle. Dans le domaine de la céramique, Marie collabore avec son mari à la création du Service à fleurs et rubans, inspiré de l’art japonais, pour la manufacture Haviland à Limoges en 1879. Elle compose douze sujets pour assiettes représentant des scènes de la vie moderne ( La Valse, La Chanteuse, La Déclaration…) qui ne sont pas sans rappeler les sujets de prédilection d’Edgar Degas, artiste très lié au couple Bracquemond.

A l’invitation de Degas, Marie expose avec les impressionnistes à trois reprises. En 1879, elle présente un plat (disparu) et les cartons préparatoires d’un grand panneau de carreaux de céramique « Muses des arts », réalisé pour Haviland et présenté à l’Exposition universelle de 1878. A la dernière exposition impressionniste, en 1886, elle expose six tableaux dont un portrait de jeune garçon qui semble faire écho à Pierre peignant des fleurs, peint en 1887. Ce dernier, réalisé en touches courtes, orientées comme des traits de pastels, témoigne de l’influence de Paul Gauguin rencontré un an plus tôt. Félix Bracquemond venait en effet d’acheter une toile de Gauguin, La sente du père Jean (Gizah, Museum of Mohamed Mahmoud Khalil and his wife), où l’on retrouve la même technique, ainsi que la même gamme de verts printaniers. En 1886 toujours, Gauguin dédicace un Paysage de Sèvres à « Mme Bracquemard », témoignage de leur proximité (coll.part.).

La récente exposition Women Impressionnists (Francfort et San Francisco, 2008), où le tableau a figuré, est venue redonner sa juste place à Marie Bracquemond, artiste peu présente dans les collections publiques françaises. Au musée Fabre, la toile est un contrepoint intéressant au tableau de Berthe Morisot, autre femme impressionniste, qui nous a laissé avec L’été, une image incomparable où se retrouve le thème du portrait associé au bouquet de fleurs.


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