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Les nouvelles acquisitions

Alexandre Cabanel, Louis XIII et Richelieu, esquisse

Alexandre Cabanel, Louis XIII et Richelieu © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Alexandre Cabanel (Montpellier 1823 -  Paris 1889)

Louis XIII et Richelieu, esquisse

1854-1855

Huile sur Toile

32,8 x 18 cm

S.b.d. : ALEX.CABANEL

Inv. 2012.2.1

Hist. : Paris, Galerie Charvet, achat de la Communauté d’Agglomération de Montpellier, 2011.

Né à Montpellier dans un milieu modeste, Alexandre Cabanel connut une ascension fulgurante. Couvrant la seconde moitié du XIXe siècle, sa carrière fut considérable, marquée par de retentissants achats de l’Empereur Napoléon III (La Naissance de Vénus) et de nombreuses commandes émanant d’une clientèle aussi inépuisable que fortunée. A la fois adulé et critiqué, il fut l’un des plus éminents représentants des institutions officielles, qu’il s’agisse de l’Académie des Beaux-Arts ou du Salon.
A 32 ans, Cabanel est lancé sur la scène artistique : en 1855, il obtient la médaille de 1ère classe à l’Exposition universelle où il présente la spectaculaire Glorification de Saint Louis, tableau commandé par l’Etat en 1853 pour la chapelle Saint-Louis du château de Vincennes (déposé au musée Fabre en 2010). Ce premier défi pour Cabanel dans le domaine de la peinture historique fut un coup d’éclat qui lui permit de se mesurer à Ingres et à Paul Delaroche, célèbre représentant de la vogue historiciste de l’époque romantique.
Selon le contrat signé le 22 juin 1854 entre Cabanel et le Grand Référendaire, le général-marquis d’Hautpoul, l’artiste entreprit l’exécution d’un tableau pour le Sénat : Louis XIII et Richelieu, aujourd’hui exposé dans le salon des Messagers d’Etat, au Palais du Luxembourg à Paris. Après le succès remporté à l’Exposition universelle, Cabanel consacra l’année 1856, qui ne connut pas de Salon, à cette nouvelle commande.

Notre toile est une esquisse générale pour le tableau du Sénat. Elle est à rapprocher de deux autres œuvres préparatoires : une esquisse peinte sur toile intitulée Louis XIII et Richelieu, vendue en 1889 lors de la vente du fonds d’atelier Cabanel à la Galerie Georges Petit à Paris (localisation inconnue), et une étude dessinée au crayon noir sur papier bleuté intitulée Louis XIII assis conservée au musée Fabre.

L’esquisse peinte représente le cardinal de Richelieu, vêtu de la cappa cardinalice portant l’ordre du Saint-Esprit, debout à la droite du roi Louis XIII, représenté en « mousquetaire », avec épée, bottes et chapeau empanaché. Il lui tend un document que le roi lit sans le prendre en mains propres. Une assemblée d’hommes politiques occupe l’arrière-plan. Dans la composition finale, Cabanel a changé de parti : le coloris des vêtements plutôt romantique de l’esquisse, très vif et clair, et qui évoque Delacroix et Bonington (François I er et Marguerite de Navarre, 1827, Londres, Wallace Collection) est abandonné au profit de tons plus sévères, en particulier pour Louis XIII vêtu de noir. La posture du roi, proche de l'étude dessinée, est sensiblement modifiée : le visage est tourné vers le spectateur, la tête est soutenue par la main gauche, le coude repose sur l’accotoir du fauteuil. Le dais et la tenture rouges sont abandonnés au profit d’une architecture plus classique, plus noble. Il est possible que le commanditaire ait souhaité plus de retenue pour une décoration officielle.

Très enlevée, peinte avec brio et moelleux, cette esquisse montre l’attachement de Cabanel pour les scènes historiques du romantisme, et montre clairement un retour vers Delaroche. Elle vient compléter le riche corpus d’œuvres de Cabanel conservé au musée Fabre mis en lumière en 2010 lors de l’exposition Alexandre Cabanel (1823-1889), la tradition du beau.


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