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Les nouvelles acquisitions

Jean Raoux, Offrande à Priape

Jean Raoux, Offrande à Priape ©Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Jean Raoux, 1677-1734

1720

Huile sur toile

91 x 74 cm

2010.9.1

Hist.: Cabinet du duc de Choiseul ; Paris, sa vente, le 6 avril 1772 (L. 2020), n° 139 ; Paris, vente du prince de Conti, le 29 avril 1777 (L. 2671), n° 651; Paris, vente Beaujon, le 25 avril 1787 (L. 4178), n° 95 ; Paris, vente le 2 mai 1791 (L. 4722), n° 130; probablement, Paris, vente Pierre Grand Pré, le 18 février 1809 (L. 7517), n°38 ; coll. du duc de Villars (selon cat. expo. Paris, 1860, n° 243) ; Paris, vente de la marquise Landolfo Carcano, chez Georges Petit, Paris, vente les 30 mai-1er juin 1912, n°170 ; Paris, Drouot, vente le 2 décembre 1960, n° 128, repr. pl. IV où M. André Marie l’achète; Rouen, Palais des Congrès, vente André Marie, les 3-5 novembre 1975, n°200 repr. ; Paris, vente chez Deburaux, Drouot, le 7 avril 2010, n° 18, préemption de l’Etat pour le compte de la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec l'aide du F.R.A.M. Languedoc-Roussillon, 2010.

L’ Offrande à Priape est un tableau majeur de Jean Raoux. Signé et daté de 1720, il appartient à sa meilleure période, entre le Pygmalion de 1717 du musée Fabre et le Télémaque de 1722 du Louvre. Les portraits de Philippe de Vendôme (1724, Louvre) et de Mademoiselle Prévost (1723, musée de Tours) sont à peine postérieurs.

L’histoire de ce tableau est bien connue. Il a appartenu au duc de Choiseul : il apparaît ainsi sur les murs de sa chambre à coucher représentée sur la tabatière peinte par Blarenberghe et il est cité dans sa vente de 1772. Accroché à côté de nus antiques de Vien, il annonce d’ailleurs son néoclassicisme froid mâtiné d’érotisme. Le sujet est le plus gaillard du peintre, beaucoup plus souvent allusif et discret dans ses scènes de séduction amoureuse ; il est bien dans l’esprit libertin de la société que fréquentait le peintre chez son protecteur Philippe de Vendôme. La toile passa ensuite chez le prince de Conti, puis chez Beaujon. Basan, pour Choiseul, et Beauvarlet la gravèrent.

L’exécution lisse et moelleuse à la manière hollandaise, le canon du corps de la jeune épouse se retrouvent dans le Pygmalion et le Télémaque. De même, la technique et la froideur du traitement antiquisant qui évoquent particulièrement l’art d’Adriaen van de Werff. Le coloris raffiné aux teintes rares : parme, cramoisi et orange qui relèvent le clair-obscur gris-bleu, l’architecture antique presque archéologique dans sa sévérité, le goût précieux pour l’orfèvrerie sont aussi caractéristiques de Jean Raoux.

Sa provenance prestigieuse, sa qualité de l’exécution et l’originalité de sa composition en font une pièce exceptionnelle pour les collections publiques, en particulier pour le musée Fabre de Montpellier, sa ville natale qui possède six toiles de Jean Raoux dont trois acquises depuis ces vingt dernières années.


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