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Les nouvelles acquisitions

François Xavier Fabre, Saint Antoine de Padoue instruit deux novices

François-Xavier Fabre, Saint Antoine de Padoue instruit deux novices © Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

François Xavier Fabre (Montpellier, 1766 – Montpellier, 1837)

Saint Antoine de Padoue instruit deux novices

1815

Huile sur toile

S.D.b.g. : Fx. Fabre. / 1815.

73 x 98 cm

Inv. 2012.4.1

Hist. : achat de la Communauté d’Agglomération de Montpellier, avec l’aide du FRAM État / Région Languedoc-Roussillon, à la vente du  26 janvier 2012, lot n° 83, New-York, Sotheby’s.

Ce tableau inédit est  daté de 1815, année que l’on pensait sans création de la part de Fabre, si ce n’est la figure d’Hercule qu’il ajoute au tableau de son ami Boguet, Hercule au lac Stymphale, que ce dernier lui expédie de Rome à Florence. Pourtant, la période 1810-1817 est la plus féconde et la plus mature en ce qui concerne le paysage auquel Fabre se consacre alors presque exclusivement. En 1814, La Mort de Narcisse couronne sa carrière de paysagiste en le plaçant dans la lignée des grands maîtres du genre du XVIIe siècle. La vision claire et harmonieuse de la nature, qui caractérise les paysages historiques les plus élaborés et médités de l’artiste, se retrouve dans ce Saint Antoine de Padoue instruit deux novices, tableau de haute qualité. Il applique les règles du paysage composé du XVIIe siècle, dans la tradition de Nicolas Poussin (Paysage au serpent, 1648, National Gallery, Londres) : la géométrisation de l’espace, les massifs épais de feuillage formant coulisses, le lac au centre de la composition bordé d’arbres majestueux, à mi-distance la colline couronnée par des fabriques, les rochers sculpturaux qui structurent l’espace, les plans clairement articulés alternant zone d’ombre et de lumière et la montagne étincelante de lumière dans le lointain.

 
Pour autant, la vision de Fabre est personnelle, romantique par le sujet austère et érémitique traité avec sensibilité et historicité, la qualité de la lumière changeante, la minutie réaliste des rendus de la végétation et des nombreux détails, tel que le petit autel fleuri rustique.
L’œuvre puise son inspiration dans la tradition des paysages anachorétiques du XVIIe siècle dont Poussin, Dughet, Mola et Rosa sont les plus illustres représentants. Après les bouleversements révolutionnaires, la redécouverte de la nature et l’intérêt pour la religion fait naître un courant nouveau : le tableau de Fabre, comme son Paysage avec un moine en prière, acquis en 1995, le Moine lisant de Benigne Gagnereaux, la Vue de la grotte du bienheureux Manetti sur le Mont Senario de Fleury Épinat ou son Ermite en méditation, reflètent bien le climat de sentimentalité religieuse qui régnait alors en toscane parmi les « exilés » français.

Ce paysage s’insère admirablement dans le fonds très important consacré à François-Xavier Fabre, à côté de La Mort de Narcisse, plus élégiaque dont elle est en quelque sorte un écho rude et sauvage.

Bibliographie : Laure Pellicer, Michel Hilaire, François Xavier Fabre (1766-1837) de Florence à Montpellier, cat. exp. Montpellier, 2007-2008.


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