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Les nouvelles acquisitions

François-Xavier Fabre, Portrait de Louis-François Bertin et Portrait de Madame Louis-François Bertin

François-Xavier Fabre (Montpellier, 1766 - Montpellier, 1837)

Portrait de Louis-François Bertin, dit Bertin l’Aîné (1746-1841)
1803
Huile sur Toile
92,5 x 72,5 cm
S.D.b.d. : F. X. Fabre. 1803
Inv. 2012.11.1

Portrait de Geneviève Aimée Victoire Bertin
1802
Huile sur Toile
92,5 x 72,5 cm
S.D.b.g., sur le clavecin : F. X. Fabre / Florentiae 1802
Inv. 2012.11.2

Hist.: Parvenus par voie d’héritage aux descendants du couple Bertin ; Paris, Sotheby’s, vente le 21 juin 2012, lot n° 91, préemption de l’État pour le compte de la Communauté d’Agglomération de Montpellier.

Les portraits en pendant des époux Bertin sont exceptionnels de part leur qualité d’exécution et la personnalité de Louis-François Bertin (1766-1841), dit Bertin l’Aîné. Journaliste et directeur du Journal des débats, cet homme politique partisan de la monarchie constitutionnelle marqua la vie politique française sous l’Empire jusqu’à la Monarchie de juillet. En 1832, Jean-Dominique Ingres réalisa son célèbre Portait de Bertin (Paris, musée du Louvre) en qui  Edouard Manet vit un symbole : « M. Ingres a choisi le père Bertin pour styliser une époque : il en a fait le bouddha de la bourgeoisie cossue, repue, triomphante ».

En 1803, lorsque Fabre fit à Florence la connaissance de Bertin, celui-ci n’était pas encore l’homme puissant et le patron de presse influent que l’on sait. C’était, comme le peintre, un exilé victime des événements et de ses opinions : Bertin fut accusé par Bonaparte de préparer un complot monarchiste. Après un an passé à la prison du Temple, il fut condamné à l’exil et ne regagna la France qu’en 1805.

Trente ans avant le chef-d’œuvre d’Ingres, le Bertin de 1803, sous le pinceau de François-Xavier Fabre, n’est qu’élégance et discrétion. Mais on devine la même mâchoire forte, le même nez long et fin. L’expression est concentrée, comme méditative, et une certaine tristesse émane de cette image un peu figée, peut-être terminée en l’absence du modèle (in L. Pellicer, François-Xavier Fabre, de Florence à Montpellier, 2008, p. 256). Une autre image de l’homme d’affaire nous est connue à travers un portrait dessiné par Anne-Louis Girodet (New Yok, Metropolitan Museum of Art), auquel Bertin commanda en 1808 le célèbre tableau Atala au tombeau (Paris, Musée du Louvre).

Le portrait de Mme Bertin est sans conteste un des tableaux les plus poétiques de Fabre. Le tableau, exécuté en 1802, année où Fabre réalise le Portrait du jeune Edgar Clarke, n’est que grâce et naturel. La jeune femme, au demi-sourire timide, est délicieusement potelée. Les courbes voluptueuses soulignent gorge, décolleté, plis de la robe, châle drapé, boucles d’oreilles, accroche-cœurs sur le front. Les seules lignes droites sont celles des meubles que l’on entrevoit, chaise et clavecin, juste assez présents pour bien encadrer la figure. Une délicate harmonie de blanc et de lilas, peu de détails, mais raffinés (le camée, la tresse de cheveux au-dessus des boucles, la flèche d’or…).
 
Les relations entre Bertin et Fabre furent très amicales. Mais à plusieurs reprises Bertin tenta de détourner Fabre de son projet de donation à sa ville natale et de l’attirer dans la capitale. Il écrivit au peintre ces mots devenus fameux : « Vous fonderez à Montpellier une très belle galerie, mais non pas des yeux pour la voir. La peinture succombera sous la médecine ». Aujourd’hui, Bertin et son épouse rejoignent les collections du musée Fabre fondé en 1825. Elles s’enrichirent dès 1837 d’une Vue prise dans les Apennins sur le sommet du Mont Lavernia du peintre Edouard Bertin, fils du couple, qui fut élève d’Ingres et reçut pas Fabre à Florence en 1821.

En savoir plus :  Laure Pellicer, Michel Hilaire, François-Xavier Fabre, 1766-1837 : de Florence à Montpellier, Paris, Somogy, 2008. Catalogue d’exposition réalisé pour l'exposition éponyme à Montpellier, Musée Fabre, du 14 novembre 2007 au 24 février 2008.


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