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Les nouvelles acquisitions

Bénigne Gagneraux, La Diseuse de bonne aventure

Bénigne Gagneraux, La Diseuse de bonne aventure Musée Fabre de Montpellier Agglomération - cliché Frédéric Jaulmes

Bénigne Gagneraux (Dijon, 1756 – Florence, 1795)

La Diseuse de bonne aventure

1794

Huile sur toile

22 x 20 cm

Inscription sur le châssis au verso: "Peint par Gagneraux à Rome en 1794"

Inv. 2013.1.1

Hist. : acquis par les Amis du musée Fabre à la vente Emilie du Châtelet, Paris, Christie’s, 29 octobre 2012, n° 54 ; don des Amis du Musée Fabre.

Ce tableau inédit de Bénigne Gagneraux est daté de la brève période de la carrière florentine de l’artiste qui s’étend de 1793 à 1795. Il est typique du style des dernières années de Gagneraux, marqué par un néoclassicisme particulièrement soucieux de la ligne et du contour. La composition, avec la vieille femme assise en face des deux jeunes filles debout, dérive des bas-reliefs antiques. Les albums de dessins de Gagneraux (musée des Beaux-Arts de Dijon) montrent que la sculpture antique, consciencieusement étudiée, fut une source importante de son art. Le répertoire de formes de Gagneraux s’enrichit également par un moyen qu’utilisaient les artistes : le calque d’après des recueils de gravures. Les fouilles d’Herculanum et de Pompéi, mises à la portée des artistes par des recueils de reproductions gravées, contribuèrent à diffuser le goût de l’antique et à fonder la doctrine néoclassique qui se répandit à travers les académies : pureté de la ligne, clarté des compositions et du dessin, recours aux formes « primitives ».

Si la diseuse de bonne aventure était un sujet à la mode au XVIIe siècle, il l’était beaucoup moins du temps de Gagneraux. Il modernisa ainsi le thème en lui conférant un vernis antiquisant. Avec la diffusion de l’esthétique nouvelle, les scènes de genre antiquisantes étaient en vogue, par exemple chez Joseph-Marie Vien (La Marchande d'Amours) qui était le Directeur de l’Académie de France à Rome au moment où Gagneraux arriva à Rome en 1776.

Originaire de Dijon, Gagneraux fut formé à l’École de dessin de la ville. En 1776, il remporta le Premier Prix de peinture fondé par les États de Bourgogne. Sur le modèle du Grand Prix de peinture de l’Académie royale de peinture et de Sculpture, le lauréat partit pour Rome. Gagneraux, qui ne retourna jamais en France, s’imposa peu à peu avec des tableaux d’histoire raffinés. Le roi de Suède, Gustave III, lui passa commande (Entrevue de Gustave III avec Pie VI dans le musée Pio-Clementio, Stockholm, Nationalmuseum). Sa clientèle était composée de personnalités appartenant à l’aristocratie internationale et aux grandes familles romaines, tel Marcantonio Borghèse pour lequel il peignit un plafond de son palais : Jupiter et Antiope en 1787.

L’auteur de l’inscription apocryphe au revers de notre tableau, qui situe l’exécution de l'oeuvre à Rome en 1794, a pu être marqué par le long séjour de l’artiste dans cette ville. Gagneraux fut contraint, comme son compatriote François-Xavier Fabre, de quitter Rome au début de l’année 1793 à cause des violentes émeutes contre les Français. Il gagna Florence où il meurt à l’âge de 39 ans. Entre les deux peintres, rien n’indique une amitié profonde, mais Fabre connut certainement Gagneraux à Florence. Fabre possédait deux de ses toiles, datées de 1795 : Moine lisant et  Combat de cavaliers, qu’il donna au musée de Montpellier en 1825. Oeuvre rare d’un artiste mort jeune, La Diseuse de bonne aventure rejoint les deux tableaux de la collection Fabre dont elle reflète pleinement l’esprit.


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