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Les nouvelles acquisitions

Alexandre Cabanel, Etude pour Ruth et Booz

Alexandre Cabanel, Etude pour Ruth et Booz © Musée Fabre de Montpellier Agglomération

Alexandre Cabanel (Montpellier, 1823-Paris, 1889)

Etude pour Ruth et Booz

Vers 1868

Fusain, rehaut de craie blanche sur papier vélin bleu

30,9 x 25,6 cm

Inv. 2011.7.1

Hist. : Coll. Numa Hambursin ; achat de la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec l’aide du FRAM Languedoc-Roussillon, 2011.

Ce dessin prépare le tableau Ruth et Booz d’Alexandre Cabanel, aujourd’hui disparu. La toile ambitieuse, connue par une esquisse peinte autour de 1868 et conservée au musée Fabre, a donné lieu à plusieurs études préparatoires. Cette étude pour la figure de Ruth, vient compléter le corpus conservé par le musée qui possède aussi une grande feuille préparatoire à la figure masculine de Booz.

L’histoire de Ruth et Booz est tirée de l’Ancien Testament « Le livre de Ruth » qui raconte l’arrivée de la jeune moabite Ruth en Israël, pays de son mari défunt. Elle y rencontre Booz qui l’autorise à glaner dans ses champs. Malgré son grand âge, Booz épouse la jeune veuve et de leur union naîtra un fils ancêtre du roi David et du Christ lui-même. Popularisé par le poème de Victor Hugo Booz endormi paru en 1859 dans La Légende des Siècles, le thème biblique fut un sujet récurrent dans l’œuvre de Cabanel : il avait déjà fait l’objet d’une commande de l’impératrice Eugénie pour son cabinet particulier aux Tuileries et fut traité à deux nouvelles reprises en 1872 et 1886.

Cette feuille, d’une grande élégance dans son traitement au fusain, témoigne de la maîtrise technique atteinte par Cabanel. Dans l’interprétation choisie par le peintre, l’expression songeuse de Ruth ne peut venir de la Bible qui n’y fait pas allusion, mais bien du poème et en particulier du vers célèbre : « Ruth songeait et Booz dormait […] ». L’histoire retint souvent l’attention des peintres, en particulier Poussin au XVIIe siècle qui symbolise L’Eté dans la série des quatre saisons (musée du Louvre) par la rencontre de Ruth et Booz devant un champ chargé de récoltes. Mais comme Cabanel, plusieurs peintres s’inspirèrent de l’épisode biblique renouvelé par le génie de Hugo : Pierre Puvis de Chavannes avec son monumental Sommeil, exposé au Salon de 1867, et Frédéric Bazille qui a laissé inachevé son dernier tableau Ruth et Booz entrepris en 1870, entré dans les collections du musée Fabre en 2004.

L’Etude pour Ruth et Booz, comme l’ Etude de détail pour la vie de Saint-Louis, acquis en 2010, vient enrichir le fonds de référence constitué autour d’Alexandre Cabanel, artiste important du XIXe siècle consacré par la rétrospective organisée à Montpellier au cours de l’été 2010.


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